Flash marché Sindel mars 2020 covid19

Le 19 février, les marchés d’actions mondiaux touchaient leur plus haut historique, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Une semaine plus tard, ils ont perdu entre 10 et 12 % en raison de l’extension du Coronavirus hors de Chine, la baisse la plus violente en si peu de temps depuis la crise de 2008.

Les mesures de confinement mises en place dans les zones les plus touchées sont relativement efficaces en termes de santé publique mais ont un effet notable sur l’activité économique et les investisseurs désormais ont compris que leur généralisation provoquera une récession.

En effet, au-delà des secteurs les plus impactés directement (transport aérien, tourisme, hôtellerie, loisirs…), les conséquences sont à la fois sensibles sur :

  • la demande, avec par exemple un effondrement du marché automobile chinois en février (-89 %) et des actes de consommation différés.
  • la production puisque les chaines de valeurs qui passent par la Chine (et elles sont nombreuses dans une économie mondialisée) tournent au ralenti quand elles ne sont pas arrêtées.

La poursuite de la correction des marchés dépendra, d’une part de la durée de l’épidémie, d’autre part des réactions des autorités

Ces dernières ont commencé à prendre des mesures pour aider la trésorerie des entreprises en difficultés mais les marchés attendent plus généralement des plans de relance de la part des gouvernements

Les dernières décisions des Banques Centrales ( enfin coordonnées ) n’ ont pas suffit à enrayer la baisse des marchés malgré des injections de liquidités et des baisses de taux ( FED).

Ces dispositifs provoqueront nécessairement un rebond d’activité mais vraisemblablement pas avant le second semestre et surtout lorsque le pic de la crise sanitaire (qui aurait eu lieu le 6 février en Chine) sera largement dépassé. De leur importance dépendra une reprise en V en J ou en U.

Dans l’intervalle, l’accumulation de nouvelles alarmistes en matière de santé et de mauvais chiffres économiques risque de faire baisser davantage les marchés et il semble donc prématuré de prendre des positions agressives sur les actions.

La baisse a toutefois commencé à créer des opportunités sur des thématiques porteuses soutenues par des mégatendances de long terme (digitalisation de l’économie, transition écologique et énergétique, vieillissement de la population, intelligence artificielle…) et de belles sociétés susceptibles de rebondir nettement post-crise.

Certains gérants, ont ainsi renforcé leurs positions dès la fin 28 février, pour mettre à profit cette chute brutale, considérant que les conséquences de l’épidémie ne seront que transitoires.

Toutefois les dernières séances boursières ont encore été très volatiles parce que l’ Amérique comme l’Europe ont tardé à comprendre, à réagir et à mettre en œuvre un plan sanitaire, économique et budgétaire à la hauteur de cette nouvelle crise .

Le krach boursier des derniers jours est avant tout lié à la panique entourant la gestion d’un problème sanitaire de grande ampleur mais, jusqu’à preuve du contraire, de nature temporaire. Malgré quelques hésitations de la Banque Centrale Européenne jeudi 12 mars (vite corrigées depuis), la réponse globale, monétaire et surtout budgétaire, est massive et en rapide évolution. Sur les bases des précédents chinois et coréen, nous devons penser que le pic épidémiologique des nouveaux cas de Coronavirus en Europe puis aux Etats-Unis se produira d’ici approximativement mi avril. Nous pensons que le point bas des marchés des actions – s’il n’a pas déjà eu lieu jeudi 12 mars 2020– devrait se situer avant ce pic épidémiologique, et donc plusieurs semaines avant le point maximal d’impact économique

La liquidation très rapide des positions que nous avons connue ces deux dernières semaines a conduit les indicateurs de dynamique des marchés à Wall-Street sur des niveaux observés que cinq fois lors des 25 dernières années (1998, 2008, 2011, 2015, 2018). Immanquablement, ces excès ont précédé des périodes d’opportunités majeures d’achat des actifs risqués. Les investisseurs ont certes raison d’anticiper un choc brutal pour l’économie mondiale à court terme. Mais ce choc devrait demeurer temporaire, et il y a tout lieu de penser qu’il sera suivi d’une reprise économique progressive mais prolongée et puissante qui s’étendra loin dans l’année 2021.

Pour que cette reprise se produise partout, il est bien évidemment nécessaire que les contre-feux monétaires et budgétaires soient suffisamment puissants, afin de maximiser la réversibilité du choc. C’est bien ce que nous observons. Les banques centrales baissent les taux, relancent leur programme d’achat d’actifs et offrent des conditions ultra-incitatives aux banques pour maintenir et même accroitre le niveau de leurs engagements auprès des entreprises (y compris des PME) et des ménages. Elles renforceront encore leurs actions si nécessaire. Les gouvernements, quant à eux, annoncent les uns après les autres des mesures très fortes pour limiter au maximum les faillites et la hausse du chômage, et pour lutter contre la tendance des agents économiques à surréagir.

Les Etats-Unis sont quant à eux sur le point de suivre, après la Chine, la Corée, l’Angleterre, l’Australie, le Japon, etc. Le contre choc pétrolier contribuera aussi à la stabilisation de la demande, même s’il s’accompagne d’un effet négatif sur les régions productrices. La baisse du prix du baril de 65$ à 33$ depuis le début de l’année agit comme une baisse des impôts de près de mille milliards d’euro au niveau mondial. Enfin, si comme on peut s’y attendre la vie économique continue de se reprendre en Chine puis en Corée, les agents économiques auront la capacité de se projeter dans un monde où le virus est maitrisé et l’activité économique progressivement normalisée. De plus, la réouverture des usines chinoises de grands groupes (Apple/Foxconn, Renault, Peugeot, etc.), qui devrait être achevée à la fin du mois de mars, va permettre d’alléger les problèmes de chaine de production.

La reprise boursière pourrait être d’autant plus violente que la situation est inédite. La prime de risque des actions est en effet non seulement très élevée par rapports aux obligations , mais aussi par rapport aux autres actifs moins liquides, comme l’immobilier et le non coté.

Pour toutes ces raisons, nous préconisons de commencer à renforcer votre exposition aux actions dans vos contrats et portefeuilles pour coller à l’adage : Acheter au son du canon et vendre au son du clairon.

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