Économie et marchés financiers octobre 2026

Les marchés avaient repris espoir après l’accord du 17 juin entre l’Iran et les États-Unis : le pétrole était ainsi revenu rapidement à son niveau d’avant-guerre à 70$ le baril, les taux d’intérêt ont commencé à refluer au regard des chiffres d’inflation en baisse en juin et les marchés actions ont retrouvé leurs plus hauts dans les semaines suivantes (le CAC 40 à près de 8.800 points mi-aout). 

Ces espoirs ont été de courte durée avec la reprise des bombardements dans l’été et le blocage effectif du détroit d’Ormuz. Le pétrole a ainsi regagné 50 % à 105 $ environ, alors que les marchés actions corrigeaient, légèrement pour le marché américain, soutenu par les résultats des entreprises et les formidables investissement dans les infrastructures de l’intelligence artificielle (7.000 milliards attendus d’ici 2030) et davantage pour le marché français avec un CAC revenu autour de 8.000 points, avec une performance nulle sur 2026. 

Toutefois la plupart des marchés « actions » résistent bien pour l’instant alors que les vents contraires s’accumulent. 

Flambée des taux d’intérêt 

L’événement majeur a été la forte hausse des taux d’intérêt cet été. 

En effet, l’envolée du prix des hydrocarbures a relancé l’inflation, désormais supérieure à 3 % en rythme annuel tant aux États-Unis qu’en Europe. Plus la crise durera, plus l’inflation se diffusera dans l’économie et mettra du temps à refluer. Goldman Sachs estime ainsi que l’inflation européenne ne reviendra à la cible de 2 % qu’à l’horizon 2028 désormais. 

Face à cette résurgence inflationniste, les Banques Centrales n’ont pas eu d’autre choix que de monter leur taux d’intérêt, à deux reprises pour la Banque Centrale Européenne (BCE) dont le taux d’intervention est passé de 2 à 2.5 %, et une seule fois pour la Banque centrale américaine en septembre. Donald Trump réclame une baisse des taux au nouveau président de la Fed qu’il a nommé, Kevin Warsh, mais toutes ses politiques sont inflationnistes (guerre, droits de douane, creusement du déficit budgétaire à 8 % du PIB aux USA en 2026). 

Ce revirement des politiques monétaires a provoqué l’envolée des taux à long terme, dans un contexte où la solvabilité d’États très endettés (la dette américaine a franchi le cap des 40.000 milliards de dollars cet été) provoque chez les investisseurs une inquiétude légitime et l’exigence d’une prime de risque supplémentaire. 

Les taux à 10 ans aux États-Unis ont ainsi franchi 5 % (5.20 % à date) au plus haut depuis plus de 20 ans. En Europe, le taux à 10 ans allemand a gagné près de 1% en passant de 2,60 % fin février à la veille du déclenchement de la guerre à 3,60 % actuellement. Pour les taux français, l’écart de rendement avec les obligations allemandes atteint désormais 1,3 % au plus haut depuis la crise des dettes souveraines du début des années 2010. Le « risque français », dans un contexte budgétaire difficile et alors que l’élection présidentielle se profile, se manifeste déjà sur le marché obligataire. 

Ce fort mouvement de hausse des taux a pénalisé : 

  • d’une part les fonds obligataires. Pour ceux d’une durée de 3 à 4 ans, la baisse en capital représente entre 3 et 4 %, ce qui compense l’intégralité des coupons encaissés sur la période : la plupart des fonds obligataires (à l’exception de ceux investis en dette émergente) enregistre ainsi une performance quasi nulle en 2026. En contrepartie, les rendements offerts par ces fonds sont désormais plus élevés qu’en début d’année et ils constitueront une opportunité d’achat lorsque la visibilité s’améliorera. 
  • d’autre part les produits structurés de taux à capital garanti, constitués d’une obligation à long terme qui souffre particulièrement de cette évolution des taux. 
  1. Pour les produits indexés sur l’Euribor 3 mois, qui continuent à accumuler des coupons, nous préconisons de conserver les positions pour bénéficier à la fois des revenus sur la durée et de la garantie de capital à terme. 
  2. Pour ceux indexés sur le CMS 10 ans, un arbitrage dans un éventuel produit de substitution pourra s’envisager lorsque la volatilité sur les marchés de taux d’intérêt baissera. 

Stratégie d’investissement 

À court terme nous demeurons prudents en attendant un éventuel déblocage du détroit d’Ormuz (après les élections des mid-terms le 3 novembre ?). À moyen terme des méga tendances sont identifiées. 

  • Dans un monde multipolaire où la conflictualité s’accroît, les états cherchent à sécuriser l’accès aux ressources critiques et à renforcer la souveraineté stratégique (Déglobalisation et Défense). 
  • Les épisodes climatiques récents (canicules, méga-feux, sécheresse sévère, effondrement de glacier) rappellent l’impérative nécessité de limiter le réchauffement climatique (décarbonation). 
  • L’accélération du déploiement de la technologie et notamment de l’intelligence artificielle aura des impacts majeurs sur l’économie (Digitalisation). Si la profitabilité des opérateurs (Open AI, Anthropic) est incertaine à terme, en revanche la phase d’investissement (7.000 milliards d’ici 2030) profite actuellement aux fournisseurs d’infrastructures (semi-conducteurs, data centers, matériels électriques…). 

Notre stratégie d’investissement, forte de ces éléments (les quatre « D »), repose sur : 

  • Des gestions flexibles capables de s’adapter à un environnement très incertain et mouvant, en intervenant sur l’ensemble des classes d’actifs (fonds diversifiés tels M&G European strategic value fund, First Eagle International). 
  • Des fonds d’actions internationales ou européennes sélectionnant des entreprises résilientes, dont l’activité progresse régulièrement et s’avèrent peu sensibles aux cycles économiques. Elles versent généralement des dividendes en progression. 
  • Des produits structurés permettant de s’indexer sur des marchés matures (typiquement les USA où 90% des gérants ne surperforment par leur indice, avec l’Athéna Transatlantique Octobre 2026) ou des secteurs porteurs (Autocall Défense Octobre 2026) tout en bénéficiant de fortes protections à la baisse en contrepartie d’un plafonnement des gains à la hausse, généralement avec un coupon annuel autour de 10 %. 
  • Enfin des fonds « thématiques » positionnés sur les secteurs dont la croissance est supérieure à la moyenne : transition énergétique, biotechnologie, robotique et intelligence artificielle, espace et défense. 

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