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Les avantages de l'interprofessionnalité dans le monde de l'immobilier


Lettre info sindel avril 2020
Publiée le jeudi 13 aoút

Une économie très affectée

Les gouvernements affinent les stratégies de sortie de confinement qui devrait intervenir en mai, même si certains pays ont déjà assoupli les mesures (Allemagne, Autriche, Scandinavie…).

Le blocage total des économies devrait donc durer entre 2 et 3 mois mais il aura provoqué un choc économique énorme. En un mois, les chômeurs américains sont ainsi plus nombreux de 20 millions, annihilant une décennie de création d’emplois. En France, la richesse nationale va baisser de 8 % environ cette année, du jamais vu depuis la guerre, et s’accompagner d’un déficit de 9 % du PIB, bien loin des critères de Maastricht de 3 % maximum.

Le FMI confirme que le « Grand Confinement » (désormais nom officiel) sera la pire crise depuis la « Grande dépression » des années 30.

Quelle reprise attendre ?

Les économistes s’attendent désormais à une reprise progressive en 2020 :

  • de nombreux secteurs ne reprendront pas immédiatement (restaurations/hôtellerie, tourisme, transports aériens où Air France anticipe un retour à la normale seulement fin 2021, culture/événementiel…) dont certains comptent pour beaucoup dans l’économie française, notamment en période estivale.
  • le comportement des consommateurs sera modifié, du moins dans un premier temps, et pas seulement en raison de la difficulté d’accès à certains commerces. En sortie de crise, la consommation des biens courants et des services retrouve en effet assez vite son rythme de croisière. En revanche les incertitudes conduisent à différer les achats importants, notamment financés à crédit, de biens durables (automobiles par exemple) mais aussi immobiliers. Bruno Lemaire a ainsi incité la semaine dernière les français à « consommer, plutôt qu’épargner » : c’est un enjeu majeur de la reprise.
  • enfin, les entreprises figent leurs programmes d’investissement et d’embauche. Préoccupées par leurs besoins de financement pour les grandes entreprises et par leur poursuite d’activité pour les plus petites (55 % des dirigeants de PME disent craindre la faillite), elles seront très prudentes avant d’engager de nouvelles dépenses.

Des secteurs entiers en panne, une consommation potentiellement réduite à court terme et des investissements gelés : difficile d’anticiper une reprise en « V » même si les prévisions de croissance pour 2021 sont au-dessus de la moyenne (+4.5 % pour la France).

La stratégie du gouvernement français consiste à éviter simultanément :

  • une perte de pouvoir d’achat des ménages, notamment grâce au chômage partiel (auquel plus d’un tiers des salariés a actuellement recours) aux primes et aux fonds de solidarité.
  • la faillite d’un maximum d’entreprises grâce au report ou à l’annulation de charges et impôts ainsi qu’aux prêts, notamment garantis par l’Etat.

Elle s’accompagnera vraisemblablement d’un plan de relance budgétaire avec des dépenses supplémentaires, notamment dans la santé et la transition écologique mais aussi pour aider à la relocalisation d’activités stratégiques.

Enfin, le Fonds Monétaire International (FMI), d’habitude très orthodoxe, appelle à une baisse générale des impôts : on peut toujours espérer que la France suivra ses recommandations.

Il est trop tôt pour affirmer que toutes ces mesures, appliquées également dans un grand nombre de pays, suffiront à rétablir à la fois la confiance et la situation financière des agents économiques mais les montants dépensés, colossaux, sont à la hauteur des enjeux.

Evolution des marchés

Après le point bas de mi-mars les marchés ont rebondi mais de manière différenciée. Le CAC 40 est encore en baisse de 25 % depuis le début de l’année, plombé notamment par les secteurs cycliques (automobile, aéronautique, construction), pétrolier et financier alors que le Nasdaq ne perd que 3.5 % !

Le CAC est ainsi bloqué depuis près 3 semaines entre 4200 et 4500 points, digérant les mauvaises nouvelles économiques alors que les valeurs technologiques américaines bénéficient de l’anticipation d’un « monde d’après » plus digital avec des secteurs en forte croissance (e-commerce, infrastructures télécom, cloud, cybersécurité, paiements en ligne…).

Entre Renault/Airbus/Total et Amazon/Google/Microsoft, les investisseurs ont choisi…

Le plus dur semble passé pour les marchés, grâce aux interventions massives des Banques Centrales, à condition que le scénario du déconfinement prochain se déroule comme prévu.

Toutefois l’épreuve de vérité reste à venir dans les prochains mois avec les premiers chiffres macroéconomiques de la reprise et les premières prévisions de résultats des entreprises dans le nouvel environnement. Les actions ne retrouveront un réel potentiel d’appréciation à partir des niveaux actuels que si les perspectives ne sont pas décevantes : rien ne permet pour l’instant de l’assurer, tant la visibilité est réduite.

En revanche, les obligations d’entreprises, qui ont également souffert de la crise, offrent dès maintenant des rendements très attractifs (de l’ordre de 8 % par an), à condition d’éviter les secteurs les plus exposés (ce à quoi s’attachent les gérants des fonds obligataires spécialisés).

Faut-il craindre la dette… et une hausse des impôts ?

Dans la mesure où les Etats et les Banques Centrales dépensent sans compter, nombreux sont ceux qui s’inquiètent de l’accumulation des dettes, donc d’éventuels impôts futurs.

Un tabou monétaire vient de sauter : la Banque Centrale d’Angleterre finance désormais directement les besoins du Royaume Uni. La BCE le fait différemment mais le résultat est le même : la nouvelle dette des états européens se retrouve dans le bilan de la Banque Centrale qui ne demandera jamais son remboursement (renouvellement systématique à échéance, synonyme d’annulation de fait).

La crise conduit donc à appliquer la MMT (Modern Monetary Theory) qui prétend que les Etats peuvent financer leurs besoins par création de monnaie, sans aucune limite.

Cette dette, de fait jamais remboursée, n’obligera donc pas les Etats à augmenter les impôts.

  • D’une part, dans le contexte actuel, cela aurait un effet contreproductif en sapant la confiance des ménages (cf. recommandation du FMI plus haut) et en brisant la reprise.
  • D’autre part, les montants dépensés sont tels qu’aucun impôt ne permettrait d’y faire face. Par exemple, le rétablissement de l’ISF rapporterait environ 3 milliards, soit moins d’1% de ce que la France va engager au total dans la crise.

A noter enfin que cette création monétaire est susceptible de générer de l’inflation à terme, une fois que les effets fortement déflationnistes de cette crise seront passés : la perspective en est lointaine.

Sous 4000 points des prises de position sont à envisager
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23 avril 2020

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